Pilori de La Sarraz

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Pilori de La Sarraz


Pilori de la SarrazIntroduction à la « Vire »

Le pilori était la peine la plus fréquence appliquée aux personnes ayant commis des délits de moyenne importance, comme les malfaiteurs, les faussaires, les falsificateurs de vin, huile, beurre ou femmes adultères étaient exposés à la vue et à la vindicte populaire.
Sur la place publique, bien en vue, était planté un gros poteau auquel était attaché le condamné par une chaîne ou un carcan, exposé aux regards. Le poteau reposant sur un pivot, le délinquant pouvait se tourner dans les différences directions, au milieu d’un cercle considérable de personnes de tous âges.
On exposait par exemple les femmes adultères qui, selon les ordonnances, pouvaient être bombardées de détritus ou de boue, ceux qui avaient falsifié leur beurre en le battant avec de l’eau ou en y incorporant un … pavé. On les maintenait solidement, après quoi on les coiffait de la motte de beurre falsifiées, jusqu’à que celle-ci fût complétement fondue. Evidemment, après cela, les faussaires devaient avoi perdu pour toujours l’envie de recommencer. La punition, dans le fond, était bien imaginée et l’on regrette presque qu’on n’y recoure plus aujourd’hui.
Il y a toutefois un genre de délinquants qu’il nous est pénible de savoir passible de la peine du pilori, ce sont les enfants turbulents ou maraudeurs, maraudeurs parce que probablement ils étaient pauvres et mal nourris.

Extraits des archives d’Yverdon

Les anciens registres d’Yverdon, entre autres ceux de 1664 à 1668, mentionnent de nombreux cas d’enfants condamnés au pilori « ayant été attrapés abattre des fruicts par les meisseilers (gardes-champêtres) ». D’autres fois, ce sont des enfants ayant pris « du bois de cloison ». Les enfants, après avoir avoué, sont alors condamnés : « sur ce a esté ordonnée pour aire exemple à d’autres, qu’ils devoyent estre promptement conduits au pilory pour y estre tournés l’espace de deux heures ».

En date du « 10 juiet 1686 », ces registres d’Yverdon mentionnent : « Les deux enfants de David Maussan ayant esté attrappés prendre quelques graines sur les champs et comparus avec leur mère en Conseil, les dis Enfants auroyent véritablement esté condamnés à la vire (à être tournés au pilori) mais ayant considéré que l’un d’iceux estait atteint du haut mal, il en auroit esté exempté moyennant 10 batz et l’autre au pilory ».

Photo Pilori La SarrazOn ne s’étonne plus que tous les piloris du canton aient disparu, y compris celui qui se trouvait sur la place de la Palud, à côté de la fontaine.
Tous, sauf un seul que l’on n’a pas pu supprimer complètement, parce qu’il écorne l’angle d’une maison à la Sarraz et que la maison n’a pas l’intention de disparaître. On la trouve en face de l’Eglise de la Sarraz. Le pieu en bois devait tourner autour d’une tige de fer, dont le trou est encore visible sur une petite plate-forme à un demi-mètre au-dessus du sol. L’endroit était particulièrement bien choisi pour une exposition et le délinquant n’y pouvait passer inaperçu. Qui dira combien de coupables jeunes ou vieux ont été exposés, là, peut-être pour bien peu de chose.

Dans notre pays, cette pratique datant du XVIe siècle disparut au début du XIXe siècle.


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